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Atti del principato di Morea

Actes relatifs à la Principauté de Morée 1289-1300, a cura di Charles Perrat-Jean Longnon, Paris, Bibliothèque Nationale, 1967 («Collection de documents inédits sur l’histoire de France», in-8°, 6), pp. 21 (Napoli 1289), 24 (Napoli 1289), 32-33 (Narbonne 1290), 169-170 (Clarentza o Chiarenza 1277).

Edizione digitalizzata e marcatura digitale a cura di Serena Modena

 

 

[I] 
 
Napoli, 10 luglio 1289
 
Inféodation à Isabeau de Villehardouin des châteaux et baronnie de Bucelet et de Karytaina
Pour Madame de la Morée
 
Reg. ang. 50, f. 20

[1] Charles secont, par la grace de Dieu rois Jerusalem et de Secile, de la duché du Puille et du princié des Capes, prince de la Morée, d’Anjou, de Provence et de Folqualquier cuens, par la tenour de ces presentes lettres faisons assavoir a touz presens et avenir que nous avons donné et confermé de grace especial, par nos et pour nos hoirs, a nostre chiere et amée suer Ysabiau, fille de bone memoire monseignour Guillaume, jadis prince de la Morée, a li et a ses leaus raisons, droictures, apertenances et seignouries, fiez, houmages et arierfiez et quanque alla baronie des devant diz chastiaus de Bucellet et de Caritaine apent et apartient, que elle et ses leaus hoirs de son cors les tiegnent entieremant en la maniere et en la guise que ceaus qui ont esté ça en arrier seignours de ceste devant dicte baronie la tindrent en leur bone memoire. [2] Et toutes ces chouses devant dites nous avons douné et confermé alla devant dicte nostre suer et a ses leaus hoirs de son cors as bons us et as bones coustumes de l’empire de Costantinople et dou princié d’Achaye, payant a nous et a noz hoirs tel servise coume la devant dicte baronie doit. [3] Et se il estoit ensuit que la devant dicte nostre suer n’eust leaus hoirs de son cors aprés sa mort, la devant dicte baronie de Bucellet et de Caritaine et toutes les apertenances et les droiz retornent sanz contredit a nous et a nos hoirs. [4] Et de tout ce la dicte nostre suer est entrée en nostre houmage lige et nous l’avons reçeu, sauves en tout toutes nos raisons et de touz autres. [5] Et pour ce que toutes ces chouses desus dictes soyent fermes et estables et que nul n’i puisse aler encontre, nous li en avons donné ces lettres seellées de nostre seel pendant. [6] Et pour cautele de la devant dicte nostre suer, et a sa requeste, nous avons fait dubler ces lettres de mot a mot. [7] Dounée a Naples, en l’an de Nostre Seignour mil deuz cenz quatrevinz et noef, le Xme jour de juillet de la seconde indiction, ou quint an de noz royaumes.
 

[II] 
 
Napoli, 20 luglio 1289
 
Confirmation à Amine Gracianelle, bourgeois de Clarence, et à Hélène, sa femme, de la concession de terre en bougeoisie jadis faite par Guillaume de Villehardouin à Jean Marmache le jeune, de Corinthe, père de la dite Hélène
 
Reg. ang. 50, f. 206

[1] Charles secont, par la grace de Deu roys de Jerusalem et de Sezile, de la duché de Puille et dou princé de Capes, prince de la Mourée, etc. [2] Par la tenour de ces presentes lettres faisons assavoir a touz presens et avenir que nous, reguardant le boen servise que Amine Gracianelle, burjois de Clarence, nostre feel, nous a fet ci en arrieres et porra faire de ci en avant, avons confermé et octroyé de grace especial a cellui burgois et a Elaine, sa fame, fille jadis Jehan Marmache le joene, de Corinthe, la terre que sa fame tenoit et la quele bone memoire Guillaume, jadis prince d’Achaye, douna au devant dit Jehan, en la maniere et en la forme que les lettres pendanz, seellées dou seel dou dit prince, qui furent faites, si com il dist, de ce doun, devisent et parolent, payant en nostre Chambre tel servise come il nous doivent pour celle terre selonc la tenour et la forme d’icelles meismes lettres. [3] Et voulons et coumandons que nostre baill ne nostre feel officiel nul ne les doient molester de celle terre contre la forme des devant dictes letres dou princié de sus dit. [4] Et voulons que le devant dit burgois et sa fame de sus dicte tiegnent les biens que le devant dit Jehan et sa fame tenoient raisonablement en bourgesie en le devant dit princé, payant à nostre Cour, si con les autres burgois de celle princé payent pour lour biens de burgesie, sauves en tout toutes nos raisons et de touz autres. [5] En tesmoign de la quele chouse, nous au devant dit burgois et alla devant dicte sa fame en avons douné ces lettres, seellées de nostre seel pendant. [6] Dounées à Naples, en l’an de Nostre Seignour mil deuz cenz quatre vinz et noef, le vintisme jour du mois de juignet de la seconde indiction, ou quint an de noz reaumes.
 

[III] 
 
Narbona, 11 marzo 1290
 
Autorisation accordée à Florent de Hainaut, prince de Morée, de retenir, sa vie durant, dans cette principauté, au cas de prédécès de sa femme sans héritier légitime, des domaines d’une valeur équivalente à celle des terres qu’il aurait aliénées ou engagées en France pour le recouvrement ou la défense de ses possessions de Morée
 
Reg. ang. 52, f. 142

[1] Charles secont, par la grace de Dieu roy de Jerusalem et de Sezile, du duchié de Puille, dou princée de Capes, d’Anjou, de Provence et de Folqualquier conte, a noble home Florent de Henaut, prince de la Morée, son amé conseillier, familier et feel, sa grace et bone volenté. [2] A vos peticions, en tant com nous poons, bonement consentans, par la tenour de ces presentes letres, vous otroions que, se, pour le reouvrement des terres occupées dou princé de la Morée ou pour le defendement de celles que vous ores tenés, vous aviegne en tout ou en partie vendre ou aliener ou comment que soit obligier aucune vostre terre que vous avés as parties de France, et noble dame Ysabiau nostre suer, princesse de la Morée, vostre fame, trespasse avant de vous sans hoir de vostre cors et dou sien, non obstant que selonc la forme des convenances eues entre nous et vous et la dicte vostre fame, u tans de la restitucion et concession a vous et alli fetes par nous doudit princié, le princé meismes et la possession de li, en ce quas, doient a nous plainement retorner et venir, vous puissiés tant retenir de la terre doudit princié o nostre conoissance, u tens de vostre vie, que les terres par vous, pour la defension dou dit princié ou pour la recuperacion des occupées terres, es parties de France, si comme il est devant dit, alienées ou vendues ou obligiés equipollent en rentes et en value, jusque la qu’en tele maniere ou autrement ou en autre lieu, sin comme a nous mieux plera de la dicte vostre terre par vous vendue, alienée ou obligiée vous soit renablement satisfet. [3] En tesmoingnz de la quele chouse, nous vous avons ces presentes letres dounées et otroiées, scellées de nostre popre et acoustumé seel de cire en pendant. [4] Données a Nerbone, l’an de l’Incarnacion nostre Seignour mil deux cens et octante noef, samedi l’unzieme jour dou mois de marz de la tierce indic[tion], de noz royaumes de Jerusalem et de Sezile en l’an sessime.
 

[III] 
 
Clarence, 20 dicembre 1297
 
Donation par Isabeau, princesse d’Achaïe, à sa soeur Marguerite, dame de Mategrifon de la terre de Blobocan, qui avait appartenu à Narjot de Toucy, du château de la Gligoriane et des châteaux de Merdenay et de Nodimo dans la terre de Nicli.
 
Reg. ang. ??
 

[1] Copie en papier donnée en forme de vidimus, apr Nicolles li Mores, Daneaus de Vidoine et Jean li Enuers, chevaliers, sous les cachets des deux premiers, celui du 3e n’y ayant pas été mis, des lettres en français de la donation faite par Isabeau, princesse d’Achaye, à sa soeur Marguerite, dame de Mategrifon, pur elle et ses hoirs, des terres et fief de Blobocan qui avoit appartenu à Narjo de Tuci et qui étoit échu à cette princesse, du château de la Gligoriane, en la terre de Caritaine, lequel château avoit appartenu à Henri de Blauci et étoit échu à cette princesse, et des châteaux de Merdenay et de Nodimo des appartenances de Nicles, lesquelles terres et châteaux elle donne à sadite soeur en aide de Mategrifon, sans aucune charge de service, sa vie durant et après la mort de la dame de Mategrifon, à charge de service d’un chevalier pour elle et ses hoirs. A Clarence, le 20 décembre 1297.