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Ordinanza in francese di Carlo I d’Angiò 27 ottobre 1277

Paul Durrieu, Notice sur les registres angevins en langue française conservéa dans les Archives de Naples, in «Mélanges d’archéologie et d’histoire publiés par l’École française de Rome», 3 (1883), pp. 3-33: 12-15.

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Reg. Ang. n. 34, f. 98


[1] Challes, par la grace de Dieu, Roy de Jerusalem et de Secile, du Duchee de Pulle, du Princee de Capes, Senateur de Rome, d’Anjo, de Provence, de Forquaquier et de Tonneurre Conte, et de l’Ampire de Rome, an Touscane, par la seinte Yglise de Rome, vicare general;
A ses amez, feaus et familiers, Maistre Guillaume Boucel, de Paris, clerc, Ris de la Marre, de Ballate, et Pierre Boudin, d’Angiers, receveurs et gardeurs de son tresor ou chastel de Salvateur en mar de Naples, lequel chastiau est apelez communement Chastel de l’Uef, sa grace et sa bone volonté.

[2] Comme il soit ensi que nos aions commandé et ordené que toute nostre monoie de touz noz provenz et nos essues et nos rentes de nostre reiaume de Secile et de alieurs doie estre portée ou anvoiié par noz officiaus ou chatel davantdit, et assegnée à vous trois, nous volons et vous commandons expressement que vous, en recevoir, en garder et en despendre celle monoie, doiez tenir et garder fermement, sans nulle muance, l’estaublisement et la meiniere qui est ci desous escrite.
L’estaublissement et l’ordenance sont tieux:

[3] Premierement. Que toute nostre monoie qui sera portée ou davantdit chatel, que vos la receviez tuit troi ensamble, en non de nous et pour nous; et de la monoie que vos recevrez, si ferés apodisse à celui ou àceus qui la vous auront assegnée et baillié; et en celle apodisse soit contenu clerement et distinctement quelle monoie sera celle qui sera receue par vous, ou or de tarins, ou augustales, ou florins, ou autre monoie, et combien de chacuine monoie, et de quieux de nous provenz, et de nous essues et de nous rentes cele monoie sera; et celle apodisse que vous ferés, vous la saellerés de vous trois seaus, et chacun de vous si souscrivra de sa propre main en celle apodisse. [4] Et quant celle apodisse sera faite, vous recevrés de celui ou de ceus qui vous auront baillié et assegnée la monoie, antapoque. C’est une apodisse ou il reconnoisent que vos ont tant baillié de monoie comme l’apodisse que vous luer aurés faite contanra, et non plus, si que en tel meniere soit l’une comme l’autre: c’est à savoir la votre si comme vous l’aurés receue mooie, et la leur si comme il la vous auront bailliée. [5] Et ferés feire deus quaternes; et en l’un ferés escrivre en françois, et en l’autre en latin, toute la monoie que vous recevrés chacun jour, ensi comme elle vendra, distintement, si con il est devisé desus en l’apodisse. Et soiés avisé que l’apodisse, et l’entapoque, et les deus quaternes, s’acordent dou tout en tout, et de la quantité de la monoie, et de la meniere de la monoie et en l’an, et en mois, et en jour, et en l’indicion.

[6] Toute la monoie que vos recevrés, vous la garderés leiaument pour nous, dedens le devantdit chatel, et à nului n’en baillerés ne po ne assez, ne vos n’en despandrés sans nostre especial commandement; lequel commandement soit fait par noz lettres ouvertes, et les lettres soient faites en ceste meniere: [7] Premierement, les lettres soient escrites en françois, et soient seellées de nostre grant seel penant dou roiaume de Jerusalem et de Secile; et encore soit en celles lettres nostre petit, et nostre seel de telle emprainte comme est cist qui en ceste lettre est mis, et dont elle est seellée. [8] Et quant, par noz lettres faites en la meniere desusdite, nous vous manderons que vous envoiés monoie à nous, vous garderés ces lettres, et celle quantité que nous manderons vous envoierés à nostre presence, par celui ou par ceus qui seront nonmé en celle nostre lettre que nous vous manderons pour la monoie envoiier à nostre presence. [9] Et, de celui ou de ceus à qui nous baillerons la quantité que nous vous manderons, toute, ou partie se vous n’aviez si grant comme nous vous manderions, recevrez apodisse suffisant, et nous ferés savoir par vous lettres seelées de vos trois seiaus, la quantité et la meniere de la monnoie que vous nous envierez par eus. [9] Et se, par aventure, nous vous mandions nous lettres feites en françois, et seellées en la meniere desusdite, pour donner ou pour rendre deite que nous deuissiens, ou pour envoiier aleurs qu’à nostre presence, se ne se contient en celle lettre simplement “Non obstante”, sanz autre chose ajouté, nous volons que vous n’en faiciez rien; mas s’il i a “Non obstante”, sans autre ajouté, nous volons que vous le feites, si comme il sera contenu en celles lettres. [10] Et garderés celles lettres, et recevrez apodisse soffisauble de celui ou de ceus à qui vos baillerez la monoie. Et ferez feire autres deus quaiers; en l’un ferés escrire en françois, et en l’autre en latin, les lettres que nos vous envoierons pour monoie baillier ou despandre, et comment vous aurés fait nostre commandement, et le transcrit des apodisses que vous aurés receues. [11] Mes, pour nulles autres lettres qui vous viegnent, qui ne seront escrites en françois, et en la forme qui est desus devisée, et seellées en la meniere desusdite, monoie ne pou ne grant vous n’envoierés, ne baillerés, ne ne despandrés; et se vous le fesiés autrement, nous ne voulons que rien vous en soit conté, et le voudrions recouvrer seur vous.

[12] Aprés, nous voulons et commandons que, en la fin de chacun mois, vous nous envoiez deus quaiers, esquiex soit escrit distinteement toute la monoie que vous aurés receue en celui mois, si comme nous avons devisé qu’il doit estre escrit en noz quaiers, et tout ce que vous aurés despandu ansinc en celui mois, et le transcrit des letres que nous vous aurons envoiiés et des apodisses que vos en aurés receues. [13] Et li uns de ces quaiers soit escris en françois, et l’autres en latin, et chacun de ces quaiers soit seellé de voz trois seiaus.

[14] La meniere comment nous voulons que nostre monoie soit gardée par vous dedens le devantdit chatel est telle: C’est à savoir que, en la chambre de celui chatel que l’en verra qui soit plus convenauble et plus seure à ce faire, et qui ait que une entrée, soient faites bones portes de bon merrien, et bien ferrées; et en ces portes soient trois serreures à trois diverses clés, dont chacun de vous ait l’une; et dedans celle chambre ait deus arches, ou deus huches, bones et forz, et en chacune ait ausi troi clés diverses, desquelles huches chacun de vous ait l’une des clés. Et en l’une de ces arches, ou de ces huches, metrez la monoie, et en l’autre les lettres que nous vous envoierons, et les quaiers que nous vous avons devisé que vous devez feire de vostre entrée et de votre essue, en françois et en latin, et les apodisses et les antapoques. [15] Si que tuit troi ensemble enterez et irrez en ladite chambre, et que tuit trois ensemble clorrez et ouverrez les davantdites hughes, et ensamble metrez et osterez et la monoie et les quaiers dedenz la nommées huches. [16] Et pour plus grant saurté, nous voulons que la huche ou sera la monoie soit seellée de voz trois seiaus.

[17] Et se voz veez que aucuns de noz officiaus soit lent et pereceus de envoiier la monoie qui doit de son office, nous vous commandons que vos le nous faciez à savoir, pour ce que nous i puisien mettre consieul convenable par quoi la monoie soit envoiée à nous selon notre establissement.

[18] Et se, par avanture, acuns de vous trois mouroit, ou feust remuez de son office par nous, nous voulons que li dui qui remandront tiegnent et facent ceste ordenance si cum il est desus escrite, duques à tant que nous aurons autre ordené.

[19] Donée à Foge, par meitre Guillaume de Faronville, Prevot de l’Eglise Seint Amé, de Douay, vicehancelier (sic) de roiaumes de Jerusalem et de Secile, en l’an de l’incarnation Nostre Seignieur mil deus cens soisante dis e sept, le vint e setieme jour de octubre de la sizieme indicion, l’anné premierainne de nostre roiaume de Jerusalem, et de nostre roiaume de Secile l’année trezieme.